• Citation #18

    "Ils leur avait suffi de tendre la main et de mêler leurs doigts sans dire un mot, ce premier soir de leurs retrouvailles, dans le bar feutré d'un grand hôtel parisien. Il leur avait suffi de retrouver la peau de l'autre, d'effleurer l'intérieur d'un poignet où les veines dessinent un entrelacs bleuté, pour comprendre que cette attirance emportait leurs peurs et leurs orgueils, que rien ne résiste qu'à l'exigence de la passion. Xénia et Max s'étaient aimés ce soir-là, tout simplement parce qu'ils avaient eu envie l'un de l'autre, et qu'ils avaient été trop intègres pour le nier. Ils avaient fait l'amour avec une joie profonde, un enthousiasme mutin, tandis que les vitres de la chambre de Max tremblaient encore sous les clameurs de la rue. Ils s'étaient enivrés de ce vertige qui n'appartenait qu'à eux. Xénia avait tressailli lorsque Max avait caressé le ventre qui avait porté leur enfant, mais elle avait banni cette pensée de son esprit. Pour l'instant, il ne devait y avoir que ce corps à corps, avec tout l'égoïsme que se doivent deux être qui s'aiment. Max était un homme libre, Xénia, était devenue ce soir-là une épouse infidèle, mais leurs existences s'étaient révélées dans leur entière plénitude, le temps d'une heure dérobée à leur quotidien, le temps de s'aimer.

    Au fils de mois, Xénia était revenue vers lui, bien sûr. Encore et toujours. L'ivresse des sens est une drogue comme une autre. Irrésistible. Un étourdissement qui ignore les interdits et fouette le sang. Max et Xénia n'avaient aucun doute à ce sujet : la seule vérité était celle qui les unissait, en dépit des autres et du choix que Xénia avait fait quelques années auparavant. Leur amour était illicite, mais légitime."

    La louve blanche, Teresa Révay

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